Mauritanie : Le visage juvénile absent
Une ville sans espaces verts, sans centres de loisirs, et une jeunesse évincée par une clique de corrompus
Plus de 60% de la population mauritanienne a moins de 25 ans. Un chiffre qui aurait dû être une richesse nationale, mais qui s’est transformé en fardeau aux yeux de ceux qui dirigent la scène. Résultat : des villes sans âme, et une jeunesse sans avenir.
- Le crime de la négligence délibérée
L’absence de parcs, de maisons de jeunes et de terrains de sport n’est ni un hasard ni un manque de ressources. C’est une décision. La clique de corrompus qui a monopolisé les projets, les contrats et les budgets voit dans l’espace vert un « gaspillage d’argent », et dans le centre culturel une « perte de temps ». Ils construisent des palais et importent des voitures de luxe, mais sont incapables de bâtir un banc à l’ombre d’un arbre. Car un jeune conscient qui trouve un exutoire et une opportunité devient un danger pour le système de corruption. - Un développement à leur seule mesure
Ils vous parlent de gaz, d’hydrogène vert et de milliards de dollars. Mais demandez : où est le jeune Mauritanien ? Les projets sont taillés sur mesure pour les sociétés étrangères et leurs partenaires locaux corrompus. Les postes supérieurs sont réservés, les contrats de sous-traitance distribués aux mêmes visages. Quant au jeune ordinaire ? On lui laisse les miettes, ou on lui dit « qualifie-toi d’abord » dans un pays qui n’offre pas un seul institut de formation digne de ce nom. Ils ne veulent pas des jeunes comme partenaires du développement, ils les veulent comme main-d’œuvre bon marché ou comme public qui applaudit. - Le vide : l’arme la plus puissante aux mains des corrompus
La clique de corrompus sait très bien qu’un jeune préoccupé par le chômage et la recherche d’un café où s’asseoir ne posera pas de questions sur les marchés douteux. Il ne demandera pas de comptes sur un budget disparu. Il ne réclamera pas son droit à la richesse de son pays. C’est pourquoi le vide n’est pas le résultat de leur échec, le vide est leur plan. Une ville morte socialement et culturellement est l’environnement idéal pour que le pillage continue.
Qui évince la jeunesse ?
La jeunesse n’est pas absente. La jeunesse est évincée. Évincée par une décision administrative et financière d’une clique qui voit dans la patrie une entreprise privée et dans la jeunesse une main-d’œuvre excédentaire.
Aucune « nouvelle Mauritanie » ne se construira sur le cadavre d’une génération entière. Et aucun véritable développement n’aura lieu tant que le masque du « patriotisme » ne tombera pas du visage de chaque corrompu qui a décidé de voler l’avenir avant de voler le présent.
Avant de reprocher à la jeunesse son « désespoir » et son « exil », il faut juger ceux qui lui ont fabriqué cet enfer.
Mauritanie Jeunesses
Dia Souleimane













